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Le village en étoile des vignerons : le développement des quartiers extra-muros (XIXe-XXe s.)

Pendant plusieurs siècles, la muraille de 1389 va limiter et contraindre l’expansion du tissu urbain. Il faut attendre la fin du XVIIIe s. et l’émergence de nouvelles mentalités pour que la carapace médiévale se lézarde. Dans les années qui suivent la Révolution, les fossés sont comblés et les ponts levis supprimés. On entre désormais de plain-pied dans le village. Certains habitants percent par ailleurs de leur propre initiative la muraille pour améliorer leur habitat en créant des fenêtres ou des portes qui s’ouvrent vers l’extérieur. Un jeu de ballon est également aménagé sur les anciens fossés à l’est, et par endroits, on commence à lotir ces fossés remblayés. Pour améliorer, la circulation on va jusqu’à percer ou abattre des pans de la grande muraille afin de mettre en communication les ruelles de l’ancien bourg médiéval avec les nouveaux boulevards qui ceinturent maintenant l’agglomération. Symbole de cette volonté d’ouverture, dans le second tiers du XIXe s., l’ancienne porte médiévale dite de Saint-Antoine est entièrement abattue. La place publique (où a été construite vers 1844 la mairie) prend alors l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. Elle s’ouvre désormais largement vers l’est, en direction de l’un des plus anciens quartiers extra-muros. Le village s’anime et la vie déborde du vieux cadre médiéval, la population augmente considérablement.

Le développement de la monoculture viticole au cours du XIXe s. accentue, comme dans de nombreux autres villages du Languedoc, cette fièvre de construction. Les grands propriétaires et les nouvelles fortunes s’extraient de l’enveloppe médiévale pour se faire bâtir des demeures plus spacieuses, parfois somptueuses, qui n’auraient guère trouvé de place à l’intérieur de l’enceinte du village.

Le développement de quartiers extra-muros doit beaucoup aussi à l’apparition et à la multiplication de bâtiments techniques spécialisés liés à la viticulture : les magasins. Dans ce grand bâtiment ou ce rez-de-chaussée, on stocke les tonneaux et les cuves, on abrite aussi la charrette, l’araire, le matériel d’attelage, de sulfatage, le cheval, la paille et la mangeoire. Les axes des chemins ruraux qui se raccordaient aux boulevards périphériques vont ainsi se métamorphoser. Dans le prolongement de la place publique, le chemin de Cournonterral devient une véritable rue bordée de chaque côté par des maisons d’habitations et de nombreux magasins. Il en est de même au nord-ouest, de part et d’autre du chemin de Gignac et tout au long des boulevards nord et sud. On peut considérer que vers 1900, l’ancien village médiéval est désormais enveloppé de tous côtés par de nouvelles constructions. L’ancien quadrilatère laisse place à une nouvelle agglomération qui se développe en étoile. Les nouveaux quartiers s’étirent maintenant le long des voies qui s’enfoncent vers le vignoble. Vendémian connaît sa troisième mue (Texte L.S.)